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Les impacts écologiques

5 décembre 2005

Dès le milieu des années 1960, la Commission du Pacifique Nord pour les baleines remarque le nombre croissant de baleines étranglées dans du matériel perdu ou jeté en mer par les pêcheurs et la flotte marchande. Au cours de la même période, il est apparu que le problème d’étouffement n’était pas limité dans le Nord aux baleines mais concernait aussi d’autres espèces de mammifères marins, incluant les phoques moines en voie de disparition d’Hawaii, les otaries et les éléphants de mer.

Des espèces menacées de tortues et de nombreuses espèces d’oiseau de mer, s’avèrent ingérer des sachets plastiques, des petites boules de plastique et d’autres débris de matériaux fabriqués par l’homme. Depuis une quarantaine d’années de nombreux incidents d’étranglement et d’ingestion de macrodéchets ont aussi été observés dans d’autres parties du monde et montrent que ce problème est global (SHOMURA R.S., YOSHIDA, 1985 , LAIST D., 1987 , DERRAIK J. G.B., 2002 ).

Les macrodéchets posent des problèmes environnementaux à cause de leur hétérogénéité, de leur solidité, de leur composition, de leur taille, de leur visibilité et de leur durabilité.

Ingestion
: blocage du processus de la digestion, ulcérations et dommage à la paroi stomacale.

Certains animaux semblent incapables de faire la distinction entre les proies habituelles et les morceaux de macrodéchets. Ingérer de la matière plastique peut bloquer le processus de la digestion. Elle reste dans l’estomac pour de longues périodes et peut altérer la sensation de faim (sorte de substitut de repas), causer des ulcérations et endommager la paroi stomacale. Le plastique affecte ainsi le processus général de l’alimentation et peut même constituer une source de produit chimique toxique .

Sur certains navires, les déchets sont broyés en petits morceaux avant d’être rejetés à la mer. Les macrodéchets ont alors une diversité de taille, de forme et de couleur qui élargie le spectre des animaux marins susceptibles de les ingérer.

estomac de tortue Photo Estomac de tortue
Les tortues ne mangent visiblement pas que des sachets plastiques. Elles ingurgitent un petits peu tout ce qui passe sous leur bec ; ici, une semelle, des lunettes de natation, des morceaux de caoutchouc et de plastique, des boulettes de plastique, des épingles à nourrice, des morceaux d’éponge synthétique, des morceaux de filets en plastique, de bouteilles en plastique, de nombreuses lanières en plastique, des morceaux de sachets en plastique et d’une  corde en  polypropylène…

Enchevêtrements : blessures, entrave aux mouvements et affaiblissement qui entraînent parfois la mort.

Des animaux malchanceux peuvent s’empêtrer dans des morceaux de ficelles, des cordes, des morceaux de plastique. Ils peuvent couler, souffrir d’une incapacité à attraper leur nourriture ou à éviter les prédateurs, contracter des parasites et des infections provenant de l’effet abrasif et coupant des matériaux et présenter des comportements altérés diminuant leurs chances de survie.

fou de bassan 

Fou de Bassan qui s’est pris le bec dans une ficelle de ballon.

tortue

 
 Cette tortue de 15 ans a nagé dans un anneau de bidon en plastique quand elle était jeune. Sa carapace et tout son corps ont continué à grandir malgré tout.

Photo: ©Dino Ferri.
Site Web : http://www.auduboninstitute.org/zoo/index.htm

Des oiseaux marins, des tortues de mer, des mammifères marins, des poissons, des crustacés et des invertébrés sont concernés par les ingestion et les enchevêtrements) (Laist, D. W., 1987).

Tableau des espèces touchées
Tableau sp touchées

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Mouvements incessants
Les macrodéchets de faible densité sont transportés par les courants et la houle. Ils perturbent la vie pélagique et peuvent exercer des frottements sur les fonds contribuant à leur détérioration.

Appauvrissement de la qualité biologique des fonds où ils se déposent.
Les fonds marins sont peuplés d’une faune et d’une flore benthique diversifiées qui peuvent être perturbées à cause de leur recouvrement par des déchets (DERRAIK, 2002). Des zones d’accumulations de macrodéchets dues aux pentes et aux courants se constituent. Une sélection des espèces capables de s’adapter à ce nouveau « substrat » s’opère. 

L’interface eau/sédiment est une zone de recyclage par les bactéries de la matière organique morte tombée sur les fonds. Couverts par des films en plastique interdisant les échanges, les sols sont asphyxiés.

Pollution physico-chimique par diffusion des éléments qui les composent (Derraik J. G. B., 2002). Les biphénols et phtalates contenus dans les plastiques sont suspectés endommager le développement du système endocrinien. Ils diminuent la fertilité des espèces qui les ingèrent (l’espèce humaine et les autres).


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