Pour sa 23ème édition, Calanques Propres a mobilisé 1 300 participant·es et 50 structures sur 40 zones nettoyées, de la Côte Bleue à la Ciotat. Le bilan 2026 confirme une tendance de fond positive mais révèle aussi des signaux d’alerte qui appellent à passer du constat à l’action.
Du 25 au 26 avril 2026, associations, collectivités, entreprises et citoyens engagés se sont retrouvés pour la 23ème édition de Calanques Propres. Sur le littoral, dans les milieux urbains et le long des cours d’eau, 1 300 participant·es et 50 structures ont couvert 40 zones, de la Côte Bleue à La Ciotat, en passant par Marseille et son agglomération.
Une pollution diffuse, aux origines multiples
Le constat reste sans appel : les déchets sont partout, et touchent aussi bien les espaces naturels que les milieux urbains et aquatiques, sans épargner les milieux parfois considérés comme préservés. Leurs origines sont multiples : ruissellement depuis l’amont des cours d’eau, usages quotidiens des habitants, dépôts dans l’espace public, dépôts sauvages d’encombrants ce qui rend cette pollution difficile à traiter par un seul type d’action. Le plastique reste le matériau dominant, en particulier sur le littoral, nourri par la consommation nomade et les emballages à usage unique. Le recensement de 67 marques différentes parmi les déchets identifiés rappelle aussi la responsabilité des producteurs dans cette pollution.
Le signal d’alerte : depuis 2024, certains indicateurs repartent à la hausse
Le progrès est réel, mais il reste fragile. Depuis 2024, le nombre de mégots ramassés repart à la hausse : plus de 21 000 unités ont été collectées cette année, soit 50 % de plus qu’en 2025 et ce, malgré l’instauration des plages sans tabac. Les bouteilles en plastique suivent la même tendance, avec une progression de 74 % depuis 2024, tout comme les canettes. Sur ce déchet numéro un que représentent les mégots, le partenariat engagé avec Mon Mégot Où Il Faut (Alcome) illustre concrètement ce que signifie passer du constat à l’action.
Les cours d’eau, priorité numéro un
Parmi tous les milieux étudiés, un chiffre s’impose : aux Aygalades, la densité de déchets atteint 28,7 litres pour 100 m², soit près de dix fois celle relevée dans les autres milieux. C’est le levier le plus efficace pour limiter l’arrivée de déchets en mer, et c’est pourquoi il s’agit de la toute première priorité identifiée dans les recommandations de cette édition.
Cinq priorités pour ancrer durablement la baisse des déchets
Fondées sur les données de l’édition 2026, cinq priorités se dégagent pour transformer ce constat en action :
- Agir en priorité sur les cours d’eau, où la densité de déchets est jusqu’à dix fois supérieure à celle des autres milieux, en particulier aux Aygalades.
- Renforcer la lutte contre les mégots, premier déchet en nombre malgré l’instauration des plages sans tabac, en faisant mieux appliquer et communiquer l’interdiction de fumer sur les plages et dans le Parc national des Calanques, et en étendant la sensibilisation aux centres urbains.
- Raisonner à l’échelle des bassins versants, puisque la pollution provient largement de l’amont par ruissellement : une approche coordonnée mobilisant habitants, collectivités et entreprises est plus cohérente que le traitement isolé de chaque site.
- Soutenir la réduction à la source, face à la remontée des bouteilles en plastique et des canettes, par des mesures structurelles comme l’expérimentation d’une consigne pour les bouteilles.
- Résorber les points noirs identifiés sur le terrain : le parking du boulodrome à Ensuès (1 420 litres collectés), le jardin partagé de la Viste (trois quarts des bouteilles de son milieu) et les berges des Aygalades (7 m³), à proximité d’une déchetterie, constituent des cibles concrètes pour les pouvoirs publics.
Un outil de connaissance au service des politiques publiques
Calanques Propres ne se résume pas à un ensemble de ramassages. Grâce à la caractérisation standardisée des déchets et aux données rassemblées sur la plateforme ReMed, l’opération éclaire directement les politiques publiques de lutte contre les déchets abandonnés. Poursuivre la mobilisation et agir à la source : c’est à cette double condition que la baisse des déchets pourra durablement s’installer.
Nos partenaires
Cette mobilisation n’aurait pas lieu sans le soutien de l’ensemble de nos partenaires : la Ville de Marseille, la Métropole Aix-Marseille-Provence, la Région Sud Provence-Alpes-Côte d’Azur, le Parc national des Calanques, ainsi que Marseille Horizon, à l’initiative de l’opération Calanques Propres.
Nous remercions également :
- Reloop pour son soutien financier,
- Recyclop pour son implication dans la revalorisation des mégots de cigarette collectés,
- l’entreprise Rostaing, qui équipe depuis plusieurs années les participants en gants.
- Stanley/Stella et Numaprint, pour le don de t-shirts et leur impression.
- Les Hotels Accors, pour le petit déjeuner