Au cœur de Marseille, sur le site de Dromel 2, des petits groupes de jeunes du Secours populaire se sont lancés un défi : lutter contre les déchets abandonnés qui envahissent ce lieu encore trop souvent pollué. Encadrés par MerTerre dans le cadre du programme Adopt’1 Spot, ils ont mené trois grandes sessions de ramassage entre novembre 2023 et décembre 2024. Ces sensibilisations ont également pu avoir lieu grâce au soutien financier de l’EPAGE HuCA (Établissement public d’aménagement et de gestion des eaux Huveaune – Côtiers – Aygalades).
Entre étonnement, persévérance and prise de conscience, voici le récit de leur engagement.
Pour ce premier ramassage, le 22 novembre 2023, une dizaine d’adolescents du centre de loisirs Romain Rolland se retrouvent sur le site, accompagnés par leurs encadrants et l’équipe de MerTerre. Après une rapide session de sensibilisation, où ils découvrent l’impact des déchets sur l’environnement et les bons gestes du tri, les jeunes s’équipent et se répartissent en trois groupes : plastique, verre/textile and métal/papier carton.
C’est parti pour une heure de ramassage intensif. Très vite, ils s’aperçoivent que le travail ne manque pas. En fouillant les abords du site, ils dénichent 260 litres de déchets, soit plus de 41 kilos ! Parmi les trouvailles les plus marquantes : un vélo, des trottinettes, des vêtements et nombre de morceaux de métal.
L’ambiance est au rendez-vous : entre blagues et fierté de voir les sacs se remplir, les jeunes se donnent à fond, notamment ceux qui s’aventurent dans l’eau avec des waders, ces combinaisons étanches qui permettent d’aller plus loin dans le nettoyage.
C’était un groupe exceptionnel, très attentif et super motivé.
Vincent Lelièvre - chargé de mission Éducation et Sensibilisation

Quelques mois plus tard, le 19 juin 2024, le même groupe revient sur le site. Ils sont toujours aussi enthousiastes, mais une surprise les attend : Dromel 2 est à nouveau rempli de déchets.
« Mais… on a déjà tout nettoyé ici la dernière fois ! » s’étonne l’un des jeunes.
Et pourtant, après une heure de collecte, les chiffres parlent d’eux-mêmes : 150 litres de déchets, dont 25 mégots, 6 canettes et 5 bouteilles plastiques alimentaires. Cette fois-ci, ce n’est pas tant la quantité qui choque, mais la récurrence du problème.
Grâce à cet exercice, ils comprennent que le nettoyage d’un site ne suffit pas : les déchets continuent d’affluer, laissés par certains ou portés par le vent et les eaux pluviales.
Heureusement, leur motivation ne faiblit pas. Toujours aussi enthousiastes, ils enfilent les waders et redoublent d’efforts pour débarrasser le site de ces intrus indésirables.

Dernière session du programme Adopt'1 Spot de l’année, le 23 décembre 2024, avec cette fois un groupe plus jeune, composé d’enfants de 8 à 10 ans. Malgré leur âge, leur enthousiasme est également palpable : chacun écoute attentivement les consignes avant de partir à la chasse aux déchets abandonnés.
Cette fois, la pluie a joué son rôle : les fortes précipitations des derniers jours ont charrié encore plus de détritus dans la végétation alentour. En une heure, ils récupèrent 210 litres de déchets, répartis en plastique, métal, verre et papier.
Les enfants observent avec curiosité les morceaux de plastique accrochés aux branches, témoignages du transport des déchets par les eaux. Certains posent des questions :
« Ça vient d’où tout ça ? »
« Est-ce que ça va revenir encore ? »
Avec l’aide des encadrants, ils prennent conscience du lien direct entre nos habitudes de consommation et la pollution des milieux naturels. Ce moment de réflexion marque les esprits : ce n’est pas juste un « jeu », mais un combat de tous les jours.

Au fil de ces trois ramassages, ces jeunes volontaires ont découvert bien plus qu’une simple activité en plein air. Ils ont mesuré l’ampleur du problème, pris conscience de l’impact des déchets abandonnés and réalisé que leur action comptait vraiment.
Malgré les déchets qui reviennent inlassablement, ils ont prouvé qu’avec un peu de volonté et de solidarité, il est possible de faire bouger les lignes.
Ces interventions, bien plus que de simples nettoyages, ont semé une graine dans leur esprit. Une graine qui, espérons-le, continuera à grandir et à porter ses fruits dans la lutte contre les déchets abandonnés.